From above!

« Cette idée m’est venue un soir d’été, loin des lumières de la ville et des nuisances urbaines. Me repérant grâce aux étoiles, je me suis mis alors à rêver le ciel. Les avions qui vont dans cette direction se dirigent vers le nord, donc vers Londres ou vers d’autres villes anglaises. Et celui-ci, étant donné son altitude et son cap, doit revenir de l’Atlantique pour aller je ne sais où mais à l’est de ma position. Effectivement, je me suis rendu compte que tous les soirs de cet été, un avion en provenance de l’aéroport international JFK de New-York se rendait à Tel Aviv en Israël, et passait au-dessus de moi. Le lendemain, cet avion effectuait le même trajet. J’étais en bas, à 10 km de lui, je voyageais seul la tête entre New-York et Israël. »

« This idea came to me on a summer evening, far from the city lights and urban nuisances. I found my way to the stars and started dreaming about the sky. Planes heading in this direction are heading north, towards London or other English cities. And this one, given its altitude and heading, must be coming back from the Atlantic to go I don’t know where, but to the east of my position. Indeed, I realized that every night this summer, a plane from New York’s JFK International Airport was flying to Tel Aviv, Israel, and passing over me. The next day, that plane made the same trip. I was downstairs, 10 km away from it, traveling alone with my head between New York and Israel. »

From above! est une performance sonore et musicale qui collecte en temps réel les données des vols aériens. Installée au cœur d’une place publique, d’un musée, d’un sémaphore, elle devient un véritable jukebox aérien. Cette proposition tente d’établir un lien sonore entre une géographie liée à ses occupants et des voyageurs du ciel, inconnus.

Trafic aérien au-dessus de Rennes le mercredi 4 juillet 2018, de 10h à 19h.

Nous avons tous en tête les traces blanches dans le ciel, celles provoquées par le va-et-vient des avions. Suivant certaines heures et les journées, elles se multiplient ou alors, elles s’effacent.

Mais que savons-nous de ces avions ? D’où viennent-ils ? Où vont-ils ?

Des technologies numériques, accessibles aujourd’hui depuis nos smartphones, facilitent la connaissance des destinations des avions avec précision.         Elles nous renseignent tant sur le type d’appareil, que sur sa date de mise en service, de son altitude, ou du nom de la compagnie aérienne, etc.

À en croire les constructeurs internationaux, les vols aériens vont être de plus en plus nombreux, du fait de la hausse généralisée de leurs commandes.

Volants dans le ciel telles des colonies d’oiseaux migrateurs, ils ont la particularité de tous se ressembler et de dégager la même fumée blanche, uniquement quand la température de l’air le permet. Leurs anonymats ressemblent étrangement aux voitures sur un périphérique urbain. Nous ne savons rien de leur trajet ni depuis combien de temps ils sont en vol. Quoiqu’il en soit, ils sont partout, laissant ainsi une infime partie du globe inexplorée.

S’ajoute à cela l’ouverture du monde numérique et l’augmentation de ses usages. Ce bouleversement culturel annule aujourd’hui toute notion de distance.

La proximité du numérique rapproche les utilisateurs entre eux, en temps réel et sans latence de communication. Nous sommes plus connectés avec les grandes métropoles internationales qu’avec les villages et autres petites bourgades suburbaines nous entourant. Comme si l’éloignement était devenue une source de rapprochement. Le monde est en mouvement, alors regardons-le.

En considérant le territoire comme une carte, nous voyons que les avions survolent les territoires les uns après les autres. D’un point de vue bidimensionnel impliquant des abscisses x et des ordonnées y, les éléments se superposent. Ainsi, au même moment, un avion a les mêmes coordonnées gps que nous. S’ajoute la donnée z, qui par une lecture tridimensionnelle et verticale, distance alors les objets (nous et l’avion) entre eux. Cette différence de niveau est considérée comme son altitude par rapport au niveau 0 de la mer.

Le survol du territoire est donc une prolongation de ce qui se passe sur terre. La répartition des voyageurs – au sein d’un même vol – peut être assimilée à l’éclectisme ethnique d’une ville, d’un pays, d’un continent. Chacun participe à son tour à ce bouillonnement culturel, social et géographique.

L’installation en est le témoignage et le reflet.

Dès lors, un territoire, lui-même habité par une population mobile et communicante pourra, à son tour, entrer en interaction – par l’intermédiaire de cette proposition – avec ce qui se passe au-dessus de lui.

Les passants-auditeurs pourront se situer, imaginer et interpréter la mobilité des autres à travers ces survols.

Ils voyageront, immobiles.

Sans le savoir et avec ce type de nouvelles technologies, leur immobilisme devient connecté, sans frontière, international.

Au fur et à mesure du survol des avions sur le lieu où le disc jockey sera installé, il compilera instantanément chaque signal reçu en musique correspondant aux destinations.

D’une certaine manière, ce sont les trajets des avions qui seront les programmateurs musicaux.

À la façon d’une quinzaine commerciale rurale ou d’une quelconque braderie, des haut-parleurs installés sur un grand périmètre autour du lieu de diffusion permettront une lecture et une écoute sonore du ciel en temps réel. Il sera juste nécessaire de lever la tête pour voyager et contempler. Les passants pourront profiter de cette proposition en toute liberté, sans pour autant être dans le champ de vision du performeur.

Les musiques vont créer l’ambiance, éveiller une place publique. Un morceau, lui, va révéler le trafic aérien. Cette récurrence nous surprendra sur l’intensité des communications d’aujourd’hui, plus largement sur celles qui unissent et lient les Hommes.

Notre imaginaire sera troublé par toute cette agitation aérienne.

Tout ceci prendra forme si une temporalité longue est prise en compte. Cette récurrence, intégrée au quotidien des personnes, ouvrira la perception qu’ils ont du lieu et changera peu à peu le regard qu’ils portent au ciel.

Si certaines municipalités ont été récemment choisies pour tester la diffusion de la publicité directement peinte sur le sol (on peut comprendre qu’il existe une corrélation entre l’accentuation du temps passé avec son smartphone dans la rue et le champ de vision réduit du piéton lorsqu’il se déplace), cette proposition tend vers l’opposé, c’est-à-dire à lever la tête lors de ses déplacements, à regarder le ciel, et à rêver !

Telle une tour de contrôle, un phare urbain, les vols sont retranscrits en musique. Le paysage devient alors harmonieux, mélodique.

Le voyage se fait sur place, à terre.

From Above! is a sound and music performance that collects real-time flight data in real time. Located in the heart of a public square, a museum, a semaphore, it becomes a real aerial jukebox. This proposal attempts to establish a sound link between a geography linked to its occupants and unknown sky travelers.

We all have in mind the white traces in the sky, those caused by the comings and goings of planes. Depending on certain hours and days, they multiply or disappear.

But what do we know about these planes? Where did they come from? Where are they going?

Digital technologies, accessible today from our smartphones, facilitate the precise knowledge of aircraft destinations. They provide us with information about the type of aircraft, the date it was put into service, its altitude, or the name of the airline, etc.

According to international manufacturers, there will be more and more air flights, due to the general increase in their orders.

Flying in the sky like colonies of migratory birds, they all look alike and emit the same white smoke, only when the air temperature allows it. Their anonymity is strangely similar to cars on an urban ring road. We don’t know how long they have been in flight and we don’t know how long they have been flying, but they are everywhere, leaving a tiny part of the globe unexplored.

Added to this is the opening of the digital world and the increase in its uses. This cultural upheaval today negates any notion of distance.

Digital proximity brings users closer together, in real time and with no communication latency. We are more connected to the major international metropolises than to the villages and other small suburban towns surrounding us. As if remoteness had become a source of rapprochement.

The world is on the move, so let’s look at it.

When we look at the territory as a map, we see that one territory after another was flown by airplanes. From a two-dimensional point of view involving x- and y-axis abscissa, the elements overlap. So, at the same time, a plane has the same GPS coordinates as us. Added to this is the z-data, which by a three-dimensional and vertical reading, then distances the objects (us and the plane) between them. This difference in level is considered to be its altitude from sea level 0.

The overflight of the territory is therefore an extension of what happens on earth. The distribution of travellers – within the same flight – can be likened to the ethnic eclecticism of a city, country or continent. Everyone in turn takes part in this cultural, social and geographical bubbling.

The installation is the testimony and reflection of this.

From then on, a territory, itself inhabited by a mobile and communicating population, will in turn be able to interact – through this proposal – with what is happening above it.

The passers-by listeners will be able to situate themselves, imagine and interpret the mobility of others through these overflights.

They will travel, motionless.

Without knowing it and with this type of new technology, their immobilism becomes connected, without borders, international.

As the aircraft fly over the place where the jockey disc will be installed, it will instantly compile each received signal into music corresponding to the destinations. In a way, it’s the aircraft routes that will be the music programmers.

Like a rural commercial fortnight or a sell-off, loudspeakers installed on a large perimeter around the broadcasting site will allow for real-time reading and listening to the sky in real time. It will just be necessary to raise your head to travel and contemplate. Passengers will be able to enjoy this proposal in complete freedom, without being in the performer’s field of vision.

This recurrence will surprise us on the intensity of today’s communications, more generally on those that unite and bind people.

Our imagination will be troubled by all this aerial agitation.

All this will take shape if a long temporality is taken into account. This recurrence, integrated into people’s daily lives, will open up their perception of place and gradually change the way they look at heaven.

Indeed, if this project is integrated into a square, a park, etc. and over a relatively long period of time, it will make sense for several reasons.

First of all, it will question the originality of the proposal, without directly marking its imprint in the unconscious of the neighbors.

Then, it will be inked and perceived as a sound and artistic installation. Those same people who have watched and heard these music will look at the sky and its white streaks with a more sensitive and open eye.

Although some municipalities have recently been chosen to test the distribution of direct paint advertising in the field (it is understandable that there is a correlation between the increase in time spent with the smartphone on the street and the increase in energy consumption of the smartphone…).



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